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Chemin de Barbaras

Le Chemin de Barbaras
par Léo Reyre
publié par "Association Messages / Le Régional"
Gérard BERTRAND, Président/Directeur de Publication
Nyons, France
The Chemin de Barbaras was a trading route between Avignon and Barbaras during the middle ages. The novel by Léo Reyre contains a preface written by Roger Pasturel which relates some interesting historical facts. Here are some excerpts:

... It was by pure accident that a fairly recent map of the states of Provence was placed before my eyes, lifting a corner of the veil: somewhere between Bouchet and Tulette, printed in letters of equal size, was the domaine of Barbaras, represented by a clock and one or two houses which, today, have been completely erased from the land.

Here then is the raison d'être of this famous route.

Subsequently, the local scholars taught me that the barbarians' quarter, north-west of Visan, no dought perpetuated the memory, proving at the same meeting that time has less hold over words than over stones.

... The enclave, papal territory, was to Avignon as Avignon was to Rome. All around was, quite simply, the kingdom of France, the foreign land. And the Barbaras road, cleverly sold by the pontiff to the count of Suze, was the sole route that was usable by the subjects of his Holiness the Pope for traveling from their land to Avignon and back through French territory.

In France there was an onerous salt tax which was to salt as is today's Régie, the state-controlled tobacco and cigarette company.

Salt and many other commodities were circulated more freely in the pontifical states and done so at prices that one would be considered very attractive today.

Result: Valréas was a smuggler's den, the Barbaras road was the salt route and, in each grove, the tax collectors of the king of France lay in wait, ready to pounce on the first pontifical donkey carrying salt which, covered by some royal thistle, would have been caught red-handed in violation of French territory.

... Thus, throughout the Comtat Venaissin, one wondered whether to declare oneself for France or for the Vatican. Overwelmingly, our Valréassian ancestors voted for the Pope... and the salt. But the rest of the Comtat, lead by the Avignonians, threw the Comtat into the arms of the young French republic.

It was necessary to become aligned - against one's heart, it must be said -.

Hello, the list of grievances, the fruits of liberty, the people's banquets, counter-revolution and the guillotine.

Farewell tax collectors, farewell to the Barbaras road.

Le Chemin de Barbaras a été une route de commerce pendant le moyen âge. Le roman de Léo Reyre contient une préface écrit par Roger Pasturel qui raconte des faits historiques et intéressants. Voilà des extraits:

... Il a fallu que le hasard me mette sous les yeux une carte des Etats de Provence, sensiblement contemporaine, pour lever un coin du voile: quelque part entre Bouchet et Tulette, mentionné en caractères d'égale importance, figure le domaine de Barbaras, symbolisé par un clocher et une ou deux maisons aujourd'hui totalement effacés du paysage.

Voilà donc la raison d'être de ce fameux chemin.

Des érudits locaux m'ont appris par la suite que le quartier des Barbes, au nord-ouest de Visan, en perpétuait sans doute le souvenir, prouvant par la même occasion que le temps a moins de prise sur les mots que sur les pierres.

...L'enclave, terre papale, était à Avignon, comme Avignon était à Rome. Tout autour, c'était- en simplifiant - le Royaume de France, l'étranger. Et le chemin de Barbaras, habilement acheté par les pontificaux au Comte de Suze, était la seule voie utilisable par les sujets de Sa Sainteté le pape pour aller de leurs terres en Avignon, et vice versa, au travers du territoire Français.

En France sévissait la gabelle, qui était au sel ce que la Régiew actuelle est aux tabacs et allumettes.

Dans les Etats pontificaux, le sel et bien d'autres denrées circulaient plus librement et à des prix que l'on qualifierait aujourd'hui de très attractifs.

Résultat: Valréas était un nid de contrebandiers, le chemin de Barbaras était la route du sel, et, dans chaque bosquet, les gabelous du Roi de France se tenaient tapis, prêts à bondir sur le premier âne pontifical chargé de sel qui, attiré par quelque royal chardon, aurait était pris en flagrant délit de violation du territoire français.

... Voilà que partout dans le Comtat on nous demande de nous pronouncer pour la France ou pour le Vatican. Nos ancêtres Valréassiens, massivement, ont voté pour le Pape ... et le sel. Mais les autres comtadins, Avignonnais en tête, ont jeté le Comtat dans les bras de la jeune République Française.

Il a fallu s'aligner - a contre coeur, il faut bien le dire -. Bonjour, Cahiers de doléances, arbres de la Libérté, banquets populaire, chouannerie et guillotine. Adieu gabelous, adieu chemin de Barbaras.